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Naissance d’une idée brûlante : Quand les Kerbals regardent le Soleil trop longtemps

Tout grand rêve commence par une petite erreur de jugement. Dans le cas du Programme Arakkis, cette erreur s’appelle “et si on allait plus près du Soleil ?” Personne n’a osé répondre “non”, parce qu’au Kerbal Space Center, dire “non” à une idée stupide est une hérésie. Voilà donc comment une poignée d’ingénieurs légèrement roussis et un comité de scientifiques surexcités ont décidé de viser Moho, la planète la plus proche de Kerbol — autrement dit, le grille-pain officiel du système. L’objectif ? Rien de moins que d’y établir une présence permanente : base scientifique, site minier automatisé, et — bien sûr — colonie habitée “temporairement” (le mot “temporairement” ayant ici une signification assez élastique). Le nom “Arakkis” a été choisi parce que “Projet Crematoria” ne passait pas bien dans les réunions de presse à cause d’une prison brulante sur Kerbin.

Les premières études ont été menées depuis l’ombre fraîche d’un hangar climatisé. On y a rapidement découvert que Moho n’est pas une destination, mais un avertissement. Gravité capricieuse, température suffisante pour cuire un kebab sans feu, et absence d’atmosphère — tout y est. Certains ingénieurs affirment même que Moho rejette activement les visiteurs, à coups de radiations et d’échauffement orbital. C’est donc, évidemment, l’endroit idéal pour une base Kerbal. Les scientifiques imaginent déjà une colonie semi-enterrée, protégée par des dômes blindés et des systèmes de refroidissement dignes d’une salle serveur en panique. Les ingénieurs, eux, rêvent de forer les roches métallisées, d’en extraire de quoi alimenter les moteurs nucléaires de la flotte interplanétaire, et peut-être, au passage, trouver un nouveau type de minerai brûlant utile pour les barbecues du KSC.
Quant aux pilotes, ils ont juste demandé si on pouvait atterrir sans fondre. On leur a répondu : “Techniquement oui… si vous êtes rapides.”

Mais la vérité est que Moho fascine. C’est une destination pour les Kerbals qui veulent repousser les limites du possible — et de la température de fusion de leurs combinaisons spatiales. Là où Duna est romantique, où Minmus est sucrée et où Jool est mystérieuse, Moho est brute, violente, solaire. C’est la promesse d’un défi monumental. C’est aussi, accessoirement, un endroit parfait pour tester les nouveaux matériaux “ultra-résistants à la cuisson lente” développés au KSC (et testés sur des tartes avant les fusées).

En route vers la fournaise : Le cauchemar orbital de la physique

La conquête de Moho, c’est d’abord un voyage vers l’enfer orbital. Pour descendre aussi près de Kerbol, il faut non seulement viser juste, mais aussi annuler une quantité absurde de vitesse. “Descendre” vers le Soleil est, ironiquement, l’une des choses les plus difficiles à faire dans l’espace. Les ingénieurs ont donc sorti leurs calculettes, leurs tableurs et quelques ventilateurs pour réfléchir à un plan. Premier constat : un aller simple vers Moho coûte plus en carburant qu’un aller-retour vers Jool. Deuxième constat : le carburant a une fâcheuse tendance à bouillir quand il fait 800°C. Troisième constat : “oh, zut”.

Le profil de mission Arakkis ressemble donc davantage à un ballet orbital suicidaire qu’à un vol spatial. Le vaisseau devra effectuer plusieurs assistances gravitationnelles — Eve, Kerbin, puis encore Eve — pour lentement, douloureusement, descendre vers Moho sans transformer les réservoirs en théières pressurisées. Une fois en orbite mohoïenne, le vaisseau principal — baptisé Inferno Express par l’équipe marketing — libérera plusieurs modules :

  • un habitat temporaire, bardé de radiateurs et équipé d’un mini-reefroidisseur surnommé “le Ventilo Suprême”,

  • un TUG automatisé, destiné à manœuvrer les cargaisons sans risquer les doigts des ingénieurs,

  • et surtout, le module de descente “Solar Sausage”, un engin à bouclier thermique intégral, pensé pour atterrir, survivre… et éventuellement repartir (si la chance le veut bien).

Les calculs d’orbite prévoient des fenêtres de lancement tous les X ans (la précision étant variable selon la quantité de café absorbée par les planificateurs). Les simulations ont montré que le risque de surchauffe avant capture orbitale était de 93%, mais le KSC a noté que “7% de chance de réussite, c’est déjà plus que la moyenne historique du programme spatial”. Les ingénieurs restent donc confiants. Enfin, ceux qui ne sont pas encore partis se cacher derrière les cuves de LOX.

Une fois le matériel en place, les robots Kerbals — car oui, personne ne veut risquer une mèche de cheveux à Moho pour le moment — commenceront à assembler les premiers modules. L’électricité proviendra de centrales solaires géantes, orientables et refroidies à l’azote liquide. L’eau sera obtenue à partir des rares gisements de glace souterraine (ou de la sueur recyclée des techniciens).
La base sera baptisée “Helios One”, un nom choisi pour évoquer l’énergie, la lumière, et surtout pour faire oublier que c’est une sorte de grille-pain géant rempli de Kerbals. Son but premier : tester la viabilité d’une présence à long terme en environnement extrême. Si tout se passe bien, elle servira de plateforme scientifique et minière pour alimenter le reste du programme Kolaris. Si tout se passe mal, elle deviendra probablement un joli point lumineux visible depuis Kerbin.

L’Espoir fond comme de la cire 

Les analystes du KSC sont unanimes : Arakkis sera la mission la plus folle jamais conçue — ce qui, venant d’une organisation dont le logo est un parachute en feu, en dit long. L’idée d’envoyer une colonie sur Moho n’est pas seulement un défi technique : c’est une déclaration d’intention. “Nous irons là où personne ne veut aller, et nous y resterons jusqu’à ce que tout fonde !” C’est un peu la devise officieuse du programme.

Sur le plan scientifique, Moho recèle d’énormes promesses. Sa proximité avec Kerbol permettrait d’étudier le comportement des matériaux en conditions extrêmes, de mesurer les flux de particules solaires, et de comprendre pourquoi, exactement, tout a tendance à surchauffer si vite. Les géologues kerbals, eux, rêvent de miner le sol riche en métaux rares, notamment du Mohoïum, une ressource hypothétique qu’on espère aussi résistante qu’un moteur Mammoth. Certains pensent même que Moho pourrait servir de forge interplanétaire, où des métaux fondus seraient directement traités grâce à la chaleur naturelle du Soleil — une sorte de fonderie orbitale.

Du côté logistique, le ravitaillement représentera le plus grand défi : envoyer quoi que ce soit vers Moho est une opération longue, coûteuse et risquée. Le plan actuel repose sur une flotte de cargos automatisés alimentés en orbite de Kerbin, effectuant des transferts à haute énergie. Pour l’instant, les ingénieurs testent le concept en faisant voler des maquettes chauffées au micro-ondes. Le centre de contrôle du KSC a déjà commencé à rédiger les messages automatiques pour les futures transmissions de la base :

“Jour 32 : température extérieure 980°C. Température intérieure 35°C. Un des radiateurs a fondu, mais on l’a remplacé par une pelle.”
“Jour 78 : l’équipe a fait fondre le café directement à partir des panneaux solaires. L’efficacité énergétique est exemplaire.”
“Jour 104 : bonne nouvelle, le sol de Moho contient des métaux rares. Mauvaise nouvelle : il les renvoie quand on essaie de creuser.”

Malgré la folie apparente, Arakkis représente la quintessence de l’esprit Kerbal : ambitieux, imprudent, et vaguement suicidaire. Ce projet, s’il voit le jour, marquera un tournant dans l’histoire de la conquête spatiale. Car si les Kerbals peuvent survivre sur Moho, ils peuvent survivre n’importe où ! Les générations futures verront peut-être Moho non plus comme une planète interdite, mais comme le phare incandescent de la ténacité kerbale. Et quelque part, dans un abri souterrain climatisé à 12°C, un petit drapeau tremblera fièrement sous le souffle chaud du vent solaire. Le programme Arakkis, pour l’instant, n’est qu’un rêve fou sur les tableaux blancs du KSC. Mais comme le dit souvent Gene Kerman en sirotant un smoothie de glace carbonique :

“Si une idée ne sent pas le brûlé, c’est qu’on n’est pas encore assez près du Soleil.”

Et quelque part, dans un hangar déjà surchauffé, des ingénieurs transpirent d’excitation. Car ils savent que tôt ou tard, les Kerbals iront sur Moho. Et qu’ils y grilleront joyeusement — pour la science.

Moho

Le Programme Arakkis est le nouveau projet démentiel du KSC : envoyer des Kerbals coloniser Moho, la planète la plus proche du Soleil — autrement dit, le four à pizza du système. L’idée ? Établir une base scientifique et minière permanente baptisée Helios One, protégée par des radiateurs géants, des dômes renforcés et beaucoup d’optimisme. Le tout servira à étudier les matériaux soumis à des températures infernales et à exploiter les métaux rares du sol mohoïen.
Mais avant d’y planter un drapeau, il faudra y arriver : trajectoires d’assistances gravitationnelles, carburant qui bout, moteurs qui hurlent… la route vers Moho ressemble plus à une cuisson lente qu’à un voyage spatial. Les premiers modules seront envoyés automatiquement, pour éviter de faire fondre les équipages trop tôt.
Pour le KSC, Arakkis représente la quintessence de l’esprit kerbal : audace, folie et un soupçon d’odeur de plastique fondu. S’ils réussissent, ce sera une victoire historique ; s’ils échouent, Moho brillera simplement un peu plus fort. Comme le dit Gene Kerman : “C’est peut-être le projet le plus chaud jamais imaginé… au sens littéral.”

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