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Un caillou solitaire et l’idée la plus kerbalesque du siècle

Tout le monde au KSC connaît Dres. Enfin… presque tout le monde. Pour être honnête, la plupart des kerbonautes l’oublient entre Duna et Jool, comme un caillou perdu dans la corbeille cosmique. C’est la planète qui n’a ni atmosphère spectaculaire, ni lunes majestueuses, ni couleur photogénique. On dit souvent que “Dres, c’est comme une pomme de terre grise qui aurait perdu la joie de vivre.” Mais un jour, au détour d’une réunion de routine sur la maintenance des boosters, Kernher von Kerman lâcha une phrase qui allait tout changer :

“Et si on colonisait Dres ?”

Silence absolu dans la salle. Puis un rire nerveux. Puis un autre. Et enfin, le regard halluciné de Bob Kerman : “Attends, tu n’es pas sérieux… si ?”

C’est ainsi que naquit, dans un mélange d’audace et d’épuisement caféiné, le Programme Atlas — un projet de colonisation et d’exploitation de Dres. Une idée si démesurée qu’elle en devint immédiatement populaire. Après tout, si les Kerbals avaient déjà posé des bases sur la Mun, construit des stations autour de Duna et transformé Minmus en terrain de camping, pourquoi ne pas aller donner un peu d’amour à cette planète délaissée ?

Dres n’avait jamais rien demandé à personne. Son orbite bancale la rendait discrète, sa gravité modeste en faisait un terrain parfait pour rebondir, et sa surface criblée de cratères n’offrait aucun paysage pittoresque à montrer dans les magazines scientifiques. Mais c’était précisément ce qui plaisait aux ingénieurs : un monde oublié, idéal pour tester des technologies nouvelles sans que personne ne remarque quand ça explose.

Le concept du programme Atlas se résume ainsi : “Si on peut le faire sur Dres, on peut le faire n’importe où.” Il s’agirait d’établir une base autonome, capable d’exploiter les ressources locales pour produire carburant, métaux et snacks, tout en servant de relais logistique vers les confins du système Kerbol. En d’autres termes : transformer un caillou morne en hub interplanétaire vibrant de vie (et de bruits suspects de foreuses).

Bien sûr, il fallait vendre le projet au Conseil scientifique. Les arguments ne manquaient pas : Dres possède des gisements riches, une gravité faible (parfaite pour les décollages économiques), et un environnement stable (comprenez : “ennuyeux, mais sans tempêtes mortelles”). De plus, son emplacement entre Duna et Jool en faisait une étape stratégique pour les futures missions vers les géantes gazeuses.

Mais la vraie raison ? Avouons-le : les Kerbals détestent qu’un caillou leur échappe.
Après avoir planté des drapeaux partout, il ne restait que Dres, solitaire, oubliée, qui semblait murmurer dans le vide cosmique :

“Et moi alors ?”

C’est à ce moment précis que le destin — ou la folie collective du KSC — fit son œuvre.


L’ingénierie de l’impossible : comment coloniser une pomme de terre grise

Pour concevoir Atlas, le KSC a vu grand. Ou plutôt, il a vu “dense, modulaire, et vaguement explosif”. Le programme repose sur trois principes sacrés de l’ingénierie kerbale :

  1. Si ça tient debout, c’est validé.

  2. Si ça bouge encore, c’est probablement une fonction prévue.

  3. Si ça explose, c’est qu’on vient d’apprendre quelque chose.

Le cœur du projet, c’est la base Atlas Prime, un complexe semi-enterré qui devra s’adapter à la surface irrégulière de Dres. Elle comprendra un centre de commande, un module d’habitation gonflable, une raffinerie ISRU, et un atelier de construction “KerbFab” capable de produire sur place des composants pour véhicules et infrastructures. L’idée ? Ne plus dépendre des lancements coûteux depuis Kerbin.
Ou comme le résume Zeb Kerman :

“Si on peut fabriquer nos rovers sur place, ça fait plus de place dans la soute pour les snacks.”

L’un des premiers défis identifiés fut le transport de tout ce bazar jusqu’à Dres. Contrairement à Duna ou Jool, Dres n’a pas la décence d’être facile à atteindre. Sa position orbitale excentrique exige des fenêtres de lancement rares et des trajectoires sinusoïdales d’une précision diabolique. “C’est comme viser une balle de golf lancée à 200 km/h tout en rebondissant sur un trampoline”, déclara Kernher dans un moment d’honnêteté scientifique.

Les ingénieurs proposèrent alors un concept révolutionnaire : un vaisseau-mère modulaire, nommé Atlas Pioneer, équipé de propulseurs nucléaires et de réservoirs interchangeables. Ce mastodonte transporterait plusieurs modules cargo vers Dres en un seul trajet, avant de servir de station orbitale temporaire. Chaque module descendrait ensuite à la surface grâce à des propulseurs à ergols locaux, une fois la production installée sur place.

Bien sûr, tout cela reposait sur une condition essentielle : trouver du carburant sur Dres.
Heureusement, les sondes préliminaires ont détecté d’importants gisements de glace d’eau et de minerais exploitables. Les géologues kerbals, surexcités, ont immédiatement proposé de nommer ces régions “Snack Ridge” et “Fuel Flats”. Mais attention : le sol de Dres, à en croire les premiers rapports, a la consistance d’un cookie géant recouvert de gravier. Autrement dit : parfait pour s’y enfoncer, glisser, ou rebondir à l’infini.

Le plan de colonisation se déroulerait en plusieurs phases :

  • Phase 1 : Exploration automatisée. Lancement de sondes “Probe-o-Matic” pour cartographier la surface et identifier les zones exploitables.

  • Phase 2 : Déploiement logistique. Envoi de cargos automatisés contenant les modules de base et les premiers réacteurs.

  • Phase 3 : Installation habitée. Arrivée des premiers colons kerbals, probablement Valentina, Zeb, Bob, et quelques ingénieurs inconscients.

  • Phase 4 : Production et expansion. Construction d’une raffinerie, d’un spatioport, et d’une piste d’atterrissage “provisoire” (donc permanente).

Et au-delà ? Le rêve du KSC est de faire de Dres un carrefour minier et industriel, d’où partiraient les vaisseaux destinés aux confins du système. Les ingénieurs évoquent déjà la création d’un ascenseur spatial, idée immédiatement suivie par une autre réunion d’urgence sur “les risques liés à la gravité et aux câbles géants”.

Mais ce qui rend Atlas particulièrement ambitieux, c’est son volet écologique (ou du moins, ce qui en tient lieu chez les Kerbals). Tous les systèmes énergétiques devront être basés sur des réacteurs compacts et des panneaux solaires déployables. La production de carburant sera bouclée dans un cycle fermé, évitant les déchets. Enfin, un projet parallèle — le GreenSnack Initiative — cherche à développer des serres hydroponiques capables de produire, à terme, de la nourriture sur place.

En résumé : Atlas est un pari technique colossal. Mais aussi une aventure philosophique : prouver que même une planète oubliée, terne et grise, peut devenir un symbole de la ténacité kerbale. Et si, au passage, on découvre que Dres a des gisements de snacks naturels, alors ce sera la plus grande victoire scientifique de tous les temps.


Vers le futur : le rêve d’une civilisation interplanétaire (et de cafés recyclés)

Le Programme Atlas n’est pas encore en chantier, mais déjà, il fait vibrer l’imaginaire collectif. Dans les couloirs du KSC, on en parle comme du projet “le plus fou depuis qu’on a mis un moteur sur un rover pour le faire sauter”. Les maquettes circulent, les plans se dessinent, et les simulations s’accumulent sur les écrans.

Gene Kerman a résumé l’esprit du projet lors d’une conférence de presse :

“Dres n’a pas d’atmosphère, pas d’eau liquide, pas de tourisme… mais elle a quelque chose de précieux : la possibilité d’essayer encore plus fort.”

Pour les ingénieurs, Dres est un terrain d’entraînement parfait avant les expéditions vers Eeloo et les systèmes extérieurs. Pour les scientifiques, c’est une mine de données sur la formation du système Kerbol. Et pour les pilotes, c’est une excuse pour conduire à toute allure dans un désert sans radar.

Le programme Atlas se veut aussi un test social : que se passe-t-il quand une poignée de kerbonauts est envoyée sur un caillou désert pendant des années ? Les psychologues planétaires ont déjà préparé un protocole d’étude comportementale intitulé “Drespression : l’isolement au quotidien”. (Bob Kerman a proposé d’y inclure des soirées karaoké obligatoires pour maintenir le moral, idée immédiatement rejetée après le test audio du premier essai.)

Mais au-delà des blagues et des inquiétudes, le projet Atlas incarne une philosophie : la persévérance. Celle qui pousse les Kerbals à regarder une planète délaissée et à se dire : “On peut en faire quelque chose.” L’esprit pionnier qui transforme la peur en curiosité, l’impossible en plan d’action, et les explosions en expériences constructives.

D’ici quelques années, si tout se passe comme prévu (ou presque), un petit vaisseau marquera son entrée dans l’orbite de Dres. Il déploiera ses panneaux solaires, activera ses antennes, et enverra le premier message officiel du programme Atlas :

“Dres atteinte. Terrain… euh, disons intéressant. Snacks consommés. Moral : excellent.”

Et peut-être, quelque temps plus tard, un groupe de colons descendra sur cette terre silencieuse, plantera un drapeau vert au milieu du gris et prononcera la phrase historique de Zeb :

“Je savais que ce rocher servait à quelque chose.”

À terme, Dres pourrait devenir le pivot de la colonisation interplanétaire, un centre d’assemblage pour vaisseaux géants, un entrepôt de ressources, un laboratoire de recherche, et pourquoi pas, une destination touristique pour les Kerbals en quête de solitude cosmique. Les économistes du KSC y voient même une opportunité : “Vendre la poussière de Dres comme souvenir pourrait rembourser une partie du programme.”

Mais soyons honnêtes : personne ne colonisera Dres pour l’argent. On le fera pour le défi, pour le prestige… et pour prouver une bonne fois pour toutes que Dres existe vraiment.

Le jour où la première base Atlas s’allumera à la surface, les kerbonauts regarderont vers le ciel noir, entre Duna et Jool, et comprendront que ce petit point lumineux — jadis ignoré — est devenu un symbole. Le symbole que chaque monde mérite d’être exploré, même les plus oubliés.

Et dans les archives du KSC, on lira peut-être un jour cette inscription gravée sur une plaque métallique, au pied du drapeau :

“Ici, sur Dres, les Kerbals ont appris une vérité universelle :
Il n’y a pas de planète ennuyeuse… seulement des missions trop courtes.”

Si on arrive à coloniser Dres… c’est qu’on a officiellement plus peur de rien.

Programme Atlas : un rêve fou, un défi technique, une aventure cosmique, et peut-être le premier pas vers un empire interplanétaire. Parce qu’après tout, si on arrive à coloniser Dres… on peut tout faire … même sur la planète la plus oubliée du système Kerbol. Sur place, la base Atlas Prime servira de point d’appui pour de futures missions vers les confins du système. Malgré des trajectoires orbitales complexes et un sol aussi accueillant qu’un biscuit sec, les ingénieurs kerbals restent optimistes — ou inconscients.

StatutDans des cartonsCatégorieOn se tâteShare