Le Grand Rêve Vert : Coloniser la boule de glace.
Lorsque le Comité Stratégique de Kolaris proposa la colonisation de Minmus, tout le monde éclata de rire. “Une base là-haut ? Sur ce glaçon à peine plus gros qu’un booster S3-14400 ?” s’étonna Bill, en renversant son café sur les plans. Pourtant, à force de discussions, de PowerKoints et de cookies gratuits, le projet prit forme : le Programme Minerva. Son objectif ? Transformer Minmus — ce désert turquoise de glace et de mystère — en plateforme logistique et industrielle majeure du système Kerbol. Fini les éternels allers-retours Kerbin–Mun pour ravitailler les stations : Minmus offrirait le carburant, les ressources et la glace (pour les boissons, aussi). Et puis, soyons honnêtes : c’est plus calme que la Mun. Personne pour faire écho à tes cris quand ton atterrisseur oublie ses jambes. L’équipe scientifique était convaincue : la faible gravité faciliterait la construction, l’exploitation minière et surtout, les acrobaties spatiales. Bref, Minmus serait le camp de base idéal pour conquérir le reste du système.
Les Objectifs du Projet : Quand la glace devient or.
Le cœur du programme Minerva est aussi simple qu’un moteur mal calibré : extraire, raffiner et propulser. Les ingénieurs prévoient d’y installer plusieurs sites de forage automatisés, reliés à un réseau d’avant-postes pressurisés pour accueillir les kerbonauts et leurs expériences (plus ou moins légales). L’idée : convertir la glace de Minmus en carburant, via d’élégantes raffineries ISRU (et un certain nombre d’explosions de test, cela va sans dire). Les modules seront conçus pour s’assembler automatiquement, même si personne n’a encore expliqué comment ils allaient s’aligner à 0,5° près dans une gravité équivalente à celle d’un croissant au beurre. À terme, Minerva ambitionne d’abriter une colonie permanente de kerbonauts, dotée de fermes hydrophoniques, d’un réseau de communication interplanétaire et d’une usine de production de composants pour futures missions vers Duna et au-delà. Certains parlent même d’un spa lunaire, alimenté par la chaleur résiduelle des réacteurs. L’idée a été approuvée “sous réserve d’un test sur cobayes volontaires (ou désignés d’office)”.
Le Plan de Vol : Beaucoup d’ambition, un soupçon de panique.
Le déploiement de Minerva se déroulera en plusieurs vagues en tirant partie de l’experience de la Mun, aussi méthodiques qu’un sandwich lancé dans un ventilateur. La première consiste à établir un réseau de satellites relais autour de Minmus, afin d’assurer les communications et d’éviter que les modules d’atterrissage ne deviennent des décorations orbitales. Ensuite viendra la mise en orbite de la station Minerva Kateway, une plateforme modulaire servant de hub pour les cargos et vaisseaux de transfert depuis Kerbin. Puis, les modules de surface descendront : foreuses, raffineries, générateurs et serres. Le tout propulsé par un ballet précis d’étages TUG et de boosters de fret. Enfin, la mission la plus délicate : l’installation de la base principale, nommée “Camp Menthlol” (suggestion de Zeb, approuvée à l’unanimité). Cette base sera équipée d’habitats gonflables, d’un laboratoire scientifique et de plusieurs rovers électriques surnommés “Patafix” pour leur capacité à coller à peu près partout (sauf pour un qui après plusieurs test infructueux a été nommé “Katasfix” . Les simulations ont montré une probabilité de réussite de 87 %, ou de “jolie explosion visuelle” dans les 13 % restants.
Les Défis Techniques – non – “opportunités d’apprentissage”
Minmus, aussi jolie soit-elle, n’est pas un endroit coopératif. Sa gravité minuscule fait rebondir les rovers comme des balles de ping-pong, les atterrisseurs survolent souvent la surface sans jamais y rester, et les antennes pointent vers tout sauf Kerbin. Les ingénieurs du KSC ont donc dû concevoir des systèmes ultrastables et ridiculement surdimensionnés, à base de gyroscopes quadruples et de propulseurs RCS “pour corriger les corrections”. Le transfert depuis Kerbin, bien que plus économe que vers la Mun, demande une synchronisation parfaite avec les fenêtres de lancement — ou du moins, approximative mais spectaculaire. Les premiers essais ont montré que les communications pouvaient rebondir sur la glace, brouillant les signaux. Résultat : la moitié des transmissions de test ont consisté en cris étouffés et en “Booooob ! T’as débranché le câble encore ?!”.
Mais c’est aussi ça, la magie du programme Minerva : faire du chaos une méthode de travail. Les ingénieurs ont même développé une nouvelle unité de mesure de réussite : le “Kerbal Taux de Frayeurs” (KTF), évalué en “combien de fois un pilote a crié avant d’atterrir”. Les missions les plus performantes dépassent déjà les 42 KTF.
L’Avenir de Minerva : Une vision glaciale mais radieuse.
Une fois la colonie pleinement opérationnelle, Minmus deviendra le centre industriel et logistique de toute l’expansion Kolaris. Les vaisseaux interplanétaires pourront s’y ravitailler, les modules de recherche y développeront de nouvelles technologies ISRU, et les kerbonauts disposeront d’une base stable pour leurs explorations vers Duna, Dres, voire Eeloo. L’idée d’un spatioport minmusien avec ascenseur orbital fait déjà rêver les ingénieurs (et trembler les comptables). En parallèle, le KSC prévoit la création d’un “Festival du Glacon Spatial”, une célébration annuelle avec concours de saut en gravité faible et dégustation de bières cryogéniques. Minerva n’est pas seulement un projet scientifique, c’est une promesse d’avenir, un pari fou et une très grosse facture en pièces détachées.
Comme le résume Gene Kerman, directeur du programme :
“Certains disent que Minmus est trop loin, trop instable, trop froid.
Moi je dis : parfait pour y laisser Zeb.”
Et ainsi s’écrit l’histoire de Minerva : une aventure entre ambition et absurdité, une épopée glacée où chaque boulon raconte une explosion passée. Les kerbonauts la surnomment déjà “la perle turquoise du courage”. Le monde retient son souffle, le KSC prépare les boosters, et quelque part dans le ciel, Minmus attend — silencieuse, scintillante, et prête à devenir le prochain grand terrain de jeu du chaos organisé.
