C’est un matin inhabituellement nerveux au Kerbal Space Center. Dans la salle de contrôle, les alarmes ne sonnent pas — mais les ventilos, si. Et pour cause : la station Horizon, joyau du programme orbital, vient de transmettre un message laconique mais glaçant :
Stock alimentaire : 2 jours restants.
Réserves d’eau : 1,7 jour.
Moral de l’équipage : croustillant.
Apparemment, dans l’enthousiasme général des dernières missions d’expansion, personne n’a pensé à envoyer le frigo. Ni les bouteilles d’eau. Ni même les gâteaux de survie. Les ingénieurs du projet Kolaris ont d’abord cru à une blague, avant de constater que, non, il n’y avait bel et bien rien à manger à 100 km d’altitude (à noter dans les résultats des tests scientifiques).
Ainsi naquit KOL-HOR-08, la première mission de ravitaillement d’urgence de l’histoire de Kerbin. Objectif : envoyer un TUG automatisé bardé de conteneurs, embarquant de la nourriture déshydratée, de l’eau recyclée, et quelques caisses de “snacks expérimentaux” estampillés non explosifs (en principe).
Pas d’équipage cette fois — le contrôle au sol ne prend pas de risque. Le TUG, propulsé par un moteur Poodle et piloté par le système AutoKerb-AI, doit atteindre l’orbite basse, effectuer une manœuvre de rendez-vous avec Horizon, puis s’amarrer au port dorsal de la station. Simple sur le papier, sauf que le calendrier ne laisse que 36 heures avant que les résidents de la station ne transforment le module Coriolis en centrifugeuse à gâteaux d’urgence.
Les techniciens se pressent, les cuisiniers ajoutent un stock d’expériences comestibles à la cargaison (“pour la science”), et le TUG est baptisé sur le pas de tir d’un coup de jus d’orange — par superstition, faute de champagne. “Livraison Express Orbitale” (avec supplément panique)
Gene Kerman (calmement paniqué) “Nous avons lancé des stations, des modules, et des bras articulés. Aujourd’hui, nous lançons le déjeuner.”
Sauvons la station Horizon de la faim, et prouver une fois de plus qu’au KSC, la logistique est une science… pleine d’improvisation.
La mission KOL-HOR-08 a été élaborée en un temps record (selon les ingénieurs, “plus vite qu’on ne monte une tente sans mode d’emploi”).
L’objectif : rattraper la station Horizon actuellement en orbite circulaire à 100 km, inclinée à 0,2°, et lui livrer un container pressurisé de fret vital contenant nourriture, eau, et quelques “cadeaux” pour l’équipage (comprendre : des rations de pudding spatio-compatible et du café lyophilisé expérimental).Le TUG automatisé de ravitaillement a été configuré pour un profil de vol classique à deux étages :
Premier étage : gros lanceur à propulsion liquide, conçu pour pousser la charge utile jusqu’à une altitude suborbitale de 75 km avant séparation.
Second étage (orbital) : propulsion à haut rendement, assurant la circularisation à 100 km et la mise en phase orbitale avec la station.
Masse totale au décollage : environ 110 tonnes (dont 8 tonnes de fret, et 15 kg de biscuits à la menthe).
Δv total disponible : 4 800 m/s, largement suffisant pour les corrections, les ajustements et quelques “mauvaises surprises éventuelles”.
Le TUG dispose de pleins de propulseurs RCS pour le contrôle d’attitude et l’amarrage, d’un système de guidage automatisé AutoKerbab-AI (version bêta, donc légèrement nerveux), et d’une alimentation solaire renforcée pour maintenir le système de climatisation du pudding à température optimale.
L’approche vers la station se fera en trois orbites de phasage, suivies d’une interception douce à 30 m/s puis d’une séquence d’amarrage automatisé via le port dorsal du module central.
Le tout doit se dérouler dans un créneau de 48 heures, avant que le moral des astronautes d’Horizon ne passe du vert au rouge écarlate et que Zeb commence à lécher chaque cm de la station.
- Préparation & lancement :
Le TUG est placé sur le pas de tir 2B à 07:45 KST. Après une brève inspection (et une longue discussion sur le menu du jour), le compte à rebours débute. Décollage nominal, suivi d’une montée en trajectoire prograde jusqu’à 80 km.
Le premier étage est largué et entame une descente contrôlée (traduction : il tombe à peu près droit).
- Préparation & lancement :
Mise en orbite & phasage :
Le second étage allume son moteur Poodle pour circulariser l’orbite à 100 km. Le TUG entre ensuite dans une phase de synchronisation orbitale pour rattraper la station Horizon. Trois orbites plus tard, la distance relative descend sous les 5 km.
L’AutoKerbab-AI prend la main. On entend alors au centre de contrôle : “Espérons qu’il ne décide pas de livrer à la Lune.”Approche finale & amarrage :
Le TUG réduit sa vitesse relative à moins de 0,3 m/s. Les propulseurs RCS sifflent, les panneaux solaires brillent, et le module s’aligne lentement sur le port de docking arrière.
Contact. L’amarrage est confirmé à T+5h27m. Une salve de cris et de snacks fuse dans la salle de contrôle.
Le transfert du fret vital commence aussitôt. Quelques heures plus tard, les systèmes de support-vie de la station affichent à nouveau “autonomie : 30 jours”. Les Kerbonauts d’Horizon envoient une photo de leur premier repas “réel” depuis une semaine — un sandwich orbital flottant en apesanteur.Phase post-mission :
Le TUG reste temporairement arrimé pour servir de module tampon (et de frigo spatial d’appoint). Une fois vidé de sa cargaison, il sera reconfiguré pour une future mission logistique ou pour être recyclé comme “parking à sondes”.
Rédigé par le département logistique du KSC, approuvé à 73 % par Kernher, 100 % par Zeb, et 0 % par le bon sens.
Section A – Fret vital et denrées de survie
72 caisses de rations standard KSP-Munch™, saveur “mystère orbital” (identifiable uniquement par couleur).
14 packs de pudding en tube, dont 3 déjà “testés” par l’équipe au sol.
24 litres d’eau recyclée (origine : non précisée, ne pas poser de questions).
8 bombonnes d’eau fraîche “pour l’équipage seulement”, scellées et surveillées par caméras.
1 tonne de barres nutritives compactées — goût “béton citronné”, approuvées par Bill Kerman pour leur potentiel en cas de pénurie de pièces de rechange.
6 sachets de café lyophilisé ultra-concentré, avec avertissement “interdit à Zeb après 20h”.
3 packs de “space tacos” expérimentaux. Mention sur l’étiquette : “peut exploser sous vide”.
Section B – Matériel technique & de maintenance
1 caisse de clés à molette dynamiques, calibrées au “feeling kerbal”.
12 mètres de ruban adhésif universel, aussi connu comme “Kerbal Space Glue”.
6 bidons de lubrifiant RCS, dont un déjà ouvert (“c’est pour vérifier la viscosité”, dixit Bob).
4 valves de pressurisation et un boulon mystère (personne ne sait à quoi il sert, donc il est précieux).
1 console de diagnostic, alimentée par énergie solaire et espoir.
3 tournevis multiprises : un rouge (rapide), un bleu (stable), un vert (disparu).
1 caisse de pièces détachées non répertoriées, étiquetée “au cas où”.
Section C – “Bonus logistiques” non officiels
1 caisse de snacks personnels de Zeb : chips de patate compressée, boissons énergétiques “Blast-O-Kola”, et une maquette de fusée.
2 jeux de société spatiaux (“Kerbopoly” et “Astro-Crash!”) pour maintenir le moral.
1 radio portable avec playlist “Disco Delta-V”.
1 figurine dansante de Valentina trouvée sur une étagère, ajoutée “pour la motivation”.
1 petit cactus baptisé “IamGus”, destiné à servir d’expérience biologique et/ou de mascotte.
Section D – Contenu hautement confidentiel (ne pas ouvrir sans supervision)
Un échantillon de “carburant gourmet” préparé par Kernher (le laboratoire ne garantit pas qu’il soit comestible).
Un prototype de chaussons magnétiques, censés “prévenir les chocs contre les panneaux solaires” (aucune preuve à ce jour).
Une boîte contenant un message pour la postérité :
“Si vous trouvez ce module à la dérive, veuillez renvoyer le pudding. Merci.”
Note finale du rapport logistique :
“Tout est prêt pour la livraison orbitale.
Le fret est équilibré, les attaches sécurisées, et les snacks… enfin, à moitié pleins.
Si tout se passe bien, la station Horizon recevra son approvisionnement avant la fin de la semaine.”
Petit mot Kerbal
Kernher von Kerman : “Techniquement, oublier la nourriture, c’est de la gestion de masse optimisée.”















