CENTRE SPATIAL KERBAL – BULLETIIN OFFICIEL DE MISSION
Rédigé par le Département Communication du KSC – avec supervision technique approximative de Kernher, validation enthousiaste de Zeb, et 37 tasses de café pour Bob
I. Introduction officielle : “Une orbite, mille cafés”
Le Kerbal Space Center est fier d’annoncer le succès complet de la mission KOL-HER-03, première étape du programme KOLARIS Observation Network.
Cette opération visait à placer un satellite de cartographie scientifique et de relais en orbite polaire de Kerbin, à environ 750 km d’altitude, dans le but de cartographier la planète, étudier sa topographie et améliorer la couverture de communication pour les futures missions.
Sur le papier, simple. Dans la pratique… disons que c’était “Kerbalement ambitieux”.
Le lancement a eu lieu à 04h37 KST (Kerbin Standard Time), juste après que la météo ait confirmé que les vents latéraux n’étaient “que légèrement capables de renverser un booster vide”.
La fusée LM-6, fraîchement repeinte (avec une peinture ignifugée, cette fois), a décollé du pas de tir 3 sous les applaudissements, les cris, et le sifflement typique de Gene Kerman quand il retient sa respiration.
Quelques secondes plus tard, l’engin traversait la couche nuageuse, et le centre de contrôle laissa échapper un soupir collectif : rien n’avait encore explosé. Ce fut, selon la tradition locale, le signe d’un excellent départ.
2. Objectifs et portée de la mission : “Scanner, communiquer, survivre”
Le satellite avait trois rôles principaux :
Scanner la surface de Kerbin grâce à son radar altimétrique R-3B, afin de dresser une carte de précision des reliefs et anomalies topographiques.
Analyser la composition du sol à l’aide de son scanner multispectral MS-2A et de son imageur hyperspectral SCAN-RX, capables de repérer les dépôts minéraux, les variations de terrain… et probablement quelques morceaux d’anciennes fusées.
Assurer un relais de communication stable pour les missions en orbite basse ou en exploration polaire, via son Communitron 16-S et son antenne radar R-EQ-1.
Officiellement, c’est une mission scientifique.
Officieusement, c’est aussi une tentative de prouver au Département de Contrôle Orbital qu’on peut placer un satellite en orbite polaire sans “décalage incidentel de 43 degrés” comme la dernière fois.
Et accessoirement, de vérifier si l’on pouvait encore capter Zeb, dont la dernière transmission depuis une orbite “suboptimale” autour de Mun remonte à trois semaines et se résumait à :
“Tout va bien. Enfin, je crois. C’est normal si la Lune bouge plus vite que moi ?”
3. Préparation de la mission : “Entre science et bricolage inspiré”
La conception du satellite a mobilisé les meilleures équipes du KSC.
Kernher von Kerman, le chef ingénieur, a insisté sur la robustesse structurelle, déclarant fièrement :
“Ce satellite pourrait survivre à un impact direct d’astéroïde.”
Ce à quoi Bill Kerman a répondu :
“On espère quand même éviter de tester ça.”
L’assemblage s’est déroulé dans le grand hangar SPH, avec un nombre record de clefs perdues (12), de boulons en trop (9), et de discussions philosophiques sur “la vraie signification du mot vertical”.
Le satellite a été fixé au sommet d’un deuxième étage orbital (le fameux TUG), alimenté pour les manœuvres fines et les corrections orbitales.
Quant au lanceur principal, le LM-6, il a été testé, modifié, puis testé à nouveau après qu’une pièce étiquetée “ne pas enlever” se soit mystérieusement retrouvée dans la boîte à gâteaux du service technique.
4. Le lancement : “Tout ce qui monte doit… ne pas retomber tout de suite”
04h37 : allumage des six moteurs principaux.
04h38 : Gene hurle “GO” dans le micro, Zeb hurle “WHEEEE” depuis le pas de tir, et Bob note déjà “anomalie acoustique probable”.
La fusée grimpe. Le bruit est assourdissant, la vibration fait trembler les vitres de la salle de contrôle, et pour la première fois depuis longtemps, personne ne court éteindre un incendie.
À T+45 secondes, séparation des propulseurs d’appoint. Aucun impact sur le pas de tir, un record que le KSC s’empresse d’inscrire sur son tableau d’honneur.
À T+2:10, le premier étage se sépare et retombe “en toute sécurité contrôlée” dans l’océan — expression officielle désignant un impact à Mach 5 suivi d’une gerbe d’eau.
Le deuxième étage prend le relais, place la fusée sur une trajectoire d’injection orbitale parfaite (selon les calculs de Bob, corrigés à la main parce que la calculette solaire était à l’ombre).
Enfin, à T+8:37, le signal retentit : “Orbit achieved!”
Des applaudissements, des donuts volants, et un cri de victoire de Zeb qui déclare :
“Je savais que ça marcherait ! Bon, à 60% de certitude, mais c’est déjà une amélioration.”
5. Mise en orbite polaire : “La planète vue de tous les côtés”
Une fois en orbite stable, le TUG a effectué une manœuvre de correction d’inclinaison pour passer sur une orbite polaire parfaite : 90°, altitude moyenne 750 km, excentricité inférieure à 0,01.
La manœuvre s’est déroulée sans accroc, si l’on excepte le moment où la caméra embarquée a transmis une image floue qui a fait croire à tout le monde qu’un booster fantôme suivait la fusée. (Il s’agissait du capuchon de protection de la lentille.)
Une fois la position confirmée, la séparation du satellite a été effectuée.
Le satellite a déployé ses panneaux solaires, ses antennes, et a commencé son premier balayage du sol.
Premier résultat transmis : une magnifique carte radar du continent principal… incluant un zoom accidentel sur le parking du KSC où l’on distingue très clairement Valentina garer son rover “temporairement” sur la piste 09.
6. Exploitation et premiers résultats : “La science avance, parfois en zigzag”
Dans les 24 premières heures, le satellite a transmis plus de 30 Go de données brutes, comprenant des relevés altimétriques précis, des signatures spectrales de divers biomes, et un signal suspect identifié comme “probablement un micro-ondes allumé dans le laboratoire 3”.
Le département scientifique, mené par Bob, a immédiatement commencé à exploiter ces données, découvrant au passage un possible cratère inconnu dans l’hémisphère sud.
Gene, lui, a surtout remarqué que le satellite passait pile à l’heure du déjeuner au-dessus du KSC :
“Parfait pour capter la télé sans interférences !”
Les équipes de communication ont confirmé que le relais fonctionnait à merveille : la couverture reste stable sur 98 % de la surface, et les pertes de signal ne concernent que “les zones où personne ne veut vraiment aller de toute façon”.
Kernher, en bon perfectionniste, a déjà proposé un “POLUSKAN-2” avec une antenne plus puissante et “un radar qui n’a pas peur des orages”.
Quant à Zeb, il a résumé la réussite avec sa légendaire modestie :
“On a visé le pôle, on a touché la planète. C’est du 100 % de réussite, non ?”
7. Leçons apprises : “Ce qu’on retiendra (et ce qu’on fera semblant d’avoir prévu)”
Le virage gravitationnel, légèrement trop tardif, a été officiellement requalifié de “manœuvre artistique d’optimisation énergétique”.
Le contrôle thermique devra être ajusté : après un passage prolongé en plein soleil, le radar altimétrique a commencé à émettre sur la fréquence radio du poste de contrôle, interrompant brièvement la retransmission de la musique d’ambiance.
Le TUG a prouvé son efficacité pour les ajustements d’inclinaison, à condition de ne pas oublier de verrouiller la direction avant d’activer le SAS (ce que Jeb a qualifié de “détail négligeable”).
Enfin, il a été confirmé qu’un Kerbal pouvait rester concentré plus de 10 minutes d’affilée si on lui promettait un donut pour chaque orbite complète réussie.
8. Témoignages et débriefing : “Les héros de la salle de contrôle”
Gene Kerman (Directeur de vol) :
“C’est la première fois que tout s’est déroulé sans qu’on ait à improviser un plan B. C’est presque décevant.”
Wernher von Kerman (Ingénieur en chef) :
“Je savais que ça marcherait. Statistiquement, il était temps que quelque chose marche.”
Bob Kerman (Scientifique en chef) :
“Les données reçues sont fascinantes. On a découvert un cratère en forme de donut. Coïncidence ? Je ne crois pas.”
Valentina Kerman (Pilote de réserve) :
“Je n’ai rien piloté, mais j’ai tout regardé. C’est moins dangereux, et ça fait aussi joli sur le CV.”
Zebediah Kerman (Pilote d’essai, auto-promu porte-parole) :
“Je suis prêt pour la suite. On fait la même vers Mun ? Ou mieux : on met un satellite en orbite de mon ancienne fusée ? Elle doit encore tourner là-bas quelque part.”
9. Conclusion : “Une orbite stable, un moral en orbite”
La mission entre désormais dans sa phase opérationnelle de longue durée. Le satellite effectuera une couverture complète de Kerbin sur une période de 30 jours, puis passera à un mode de balayage ciblé pour la détection des ressources et la surveillance des futures zones d’atterrissage.
Ce succès marque une étape majeure pour le projet KOLARIS, qui vise à établir une infrastructure complète autour de Kerbin, Mun et Minmus avant le grand saut interplanétaire vers Duna.
Le KSC prévoit déjà une conférence intitulée : “Comment faire encore mieux sans tout casser”.
Et tandis que le satellite poursuit silencieusement sa danse autour de Kerbin, les ingénieurs lèvent leur tasse de café vers le ciel, contemplant l’écran de télémétrie où s’affichent des chiffres, des lignes, et un unique mot en vert : “STABLE”.
Épilogue officieux (capté sur l’interphone du centre de contrôle)
Zeb : “Bon, si on mettait un deuxième satellite pour vérifier que le premier bouge bien ?”
Gene : “Zeb… va te reposer.”
Kernher : “Ou au moins signe les papiers avant de relancer quelque chose.”
Bob : “Quelqu’un a vu ma tasse ?”
Valentina : “Elle est sur le radar. En orbite stable à 30 mètres de ton bureau.”
Fin du rapport officiel.
(Archivage : dossier KSC-KOLARIS-POLUXSKAN-1 / Étiquette : “Succès total – à refaire avec prudence”)