Voix de Bill Kerman, visiblement excité mais essayant de paraître professionnel :
« Mesdames, messieurs, et Kerbals de tous poils, préparez vos snacks lyophilisés : la mission KOL-HOR-06 est sur le pas de tir, prête à ajouter un nouveau morceau brillant à notre glorieux puzzle orbital — le Module de Jonction Universel ! »
Imaginez la station Horizon comme une patate volante parfaitement équilibrée (en théorie), et maintenant… on y ajoute un second HUB : un superbe connecteur multifonction, bardé de ports d’amarrage, de lumières clignotantes inutiles mais stylées, et d’un sens aigu de la symétrie. Car oui, chers spectateurs, même dans l’espace, la géométrie, c’est important. Mais surtout un nouveau module d’habitat gonflable et tournant ! Zeb trépigne d’impatience pour la prochaine mission afin de d’essayer de faire du skate dans le gros donut tournant. Ce module permettra à la station de croître harmonieusement, sans avoir l’air d’un bricolage fait au ruban adhésif après trois cafés. Il s’agit d’un jalon clé du programme Horizon : offrir plus de points d’amarrage, plus de flexibilité, et surtout plus de raisons pour les ingénieurs de se disputer sur l’orientation des ports.
La mission KOL-HOR-06 sera menée par une vaillante fusée Horizon LV-2, soigneusement testée (c’est-à-dire qu’elle n’a explosé qu’une seule fois pendant la simulation). Le HUB sera placé sur le segment central, donnant à la station cette fière allure de “grande araignée d’acier prête à accueillir le futur de l’exploration”.
Comme le dit Gene Kerman “Nous voulons une station modulaire, pas un sapin de Noel en orbite”. Alors accrochez vos ceintures, ajustez vos casques, et préparez-vous à applaudir : la mission KOL-HOR-06 part en orbite pour offrir à Horizon son nouveau cœur de connexions spatiales.
Objectif
Cette mission marque une étape clé dans la progression du programme Horizon, lui-même pilier du projet Kolaris, grande aventure de colonisation du système de Kerbol. Si les précédentes missions ont permis de placer le cœur de la station, son laboratoire, ses modules d’habitation et un bras robotisé pour bricoler dans le vide, cette sixième opération vise à doter la station d’un hub central de jonction, une pièce cruciale pour la croissance future de Horizon.
Le HUB est, en quelque sorte, le carrefour orbital où convergeront les futurs modules : science, énergie, propulsion et logistique. Il s’agit d’un connecteur universel à six ports, chacun équipé de points d’amarrage compatibles avec la majorité des vaisseaux et modules standards de la flotte KSC. En clair : le HUB est à Horizon ce que la multiprise est au bureau d’un ingénieur Kerbal — un indispensable sans lequel rien ne fonctionne et tout finit dans un nuage de fumée.
Le design du module a été approuvé après six réunions, trois simulations ratées, et un accident mineur impliquant un tournevis, un panneau solaire, et un stagiaire particulièrement curieux. Le résultat est un bloc de jonction robuste, pressurisé, bardé de renforts structurels et d’un petit système d’assistance à la stabilisation.
L’objectif principal est donc simple à formuler, moins à exécuter :
Placer le HUB en orbite basse de Kerbin (100 km, équatoriale), effectuer un rendez-vous précis avec la station Horizon, puis amarrer le module au segment central, sans collision, sans débris et, idéalement, sans hurlements dans les transmissions.
Mais derrière cette mission à l’apparence “technique” se cache une importance stratégique :
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Préparer l’expansion de la station vers des objectifs plus ambitieux — notamment la construction d’un chantier spatial capable d’assembler les premiers vaisseaux interplanétaires du projet Kolaris.
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Tester les protocoles de jonction automatique, une technologie encore en phase expérimentale, développée par Kernher Kerman (qui, selon ses propres mots, “n’explose que dans 23 % des cas”).
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Assurer la stabilité structurelle de la station, dont la géométrie actuelle commence à ressembler dangereusement à un poulpe en panique.
Ce HUB, baptisé affectueusement “Nodey McDockface” par l’équipe d’intégration (avant que Gene Kerman ne l’interdise officiellement), deviendra le centre nerveux de la station Horizon. Il permettra d’amarrer à la fois des modules habités, des conteneurs de ravitaillement, ou encore des propulseurs auxiliaires pour ajuster l’orbite.
En somme : cette mission vise à donner à Horizon la possibilité de grandir de manière cohérente et symétrique — ce qui, en ingénierie kerbal, est presque une hérésie — tout en consolidant la logistique orbitale nécessaire aux futures opérations interplanétaires du programme Kolaris.
La mission KOL-HOR-06 a été conçue autour de paramètres précis, visant à optimiser la sécurité, la stabilité et la simplicité du déploiement — trois mots rarement entendus ensemble au KSC.
Profil orbital :
Type d’orbite : Circulaire, équatoriale.
Altitude visée : 100 km au-dessus de la surface de Kerbin.
Inclinaison : 0° (orbite parfaitement alignée avec l’équateur, pour un alignement optimal avec la station Horizon).
Période orbitale : ~32 minutes.
Phase cible : 15° derrière la station Horizon au moment de l’insertion, pour un rattrapage progressif via une manœuvre de rendez-vous phasée.
Delta-V total prévu : ~4 200 m/s (comprenant l’ascension orbitale, le phasage et les corrections fines).
Véhicule de lancement :
Le lanceur utilisé, Horizon LV-2B, est une version modifiée du modèle précédent ayant déjà prouvé sa fiabilité (sauf ce jour-là où il a failli satelliser une tente de contrôle).
Premier étage : 6 propulseurs principaux montés sur une base à fort rendement, avec séparation assistée.
Deuxième étage (TUG) : unité orbitale automatisée, dotée d’un moteur à haut rendement et de réservoirs auxiliaires pour manœuvres fines.
Charge utile : Module HUB de 6,4 tonnes, avec système de guidage indépendant et points d’amarrage multiples.
Contrôle et communications :
L’ensemble de la mission sera supervisé par le KSC Mission Control, avec transmission via le réseau des relais en orbite de Kerbin.
En cas de perte de signal, le TUG dispose d’un protocole d’autonomie limité (“ne rien faire tant que ça ne brûle pas”).
Des caméras d’inspection embarquées fourniront un suivi visuel continu, parce que, selon Jeb :
“C’est toujours mieux de voir venir la catastrophe avant qu’elle ne touche la caméra.”
Conditions de lancement :
Fenêtre de lancement : alignement orbital à 0° ± 0,2°, avec un différentiel de phase inférieur à 20°.
Durée totale de la mission : environ 8 heures (du lancement à l’amarrage final).
Altitude d’amarrage : 99,8 km (ajustée pour compenser les petites oscillations de la station dues au passage de Bob dans le module centrifuge).
Risques identifiés :
Déviation angulaire supérieure à 1° au moment de l’amarrage → risque de rebond et de collision douce.
Mauvais alignement de rotation du HUB → nécessité de corriger via les propulseurs RCS du TUG.
Risque psychologique pour les ingénieurs au sol : fort.
En résumé, la mission repose sur une symphonie précise de poussée, d’alignement et de patience. Le HUB doit arriver dans la bonne orientation, à la bonne vitesse, sur la bonne orbite. Ce qui, pour les Kerbals, revient à dire : “on croise les doigts et on prie pour que MechJeb fasse le boulot.”
La mission KOL-HOR-06 est organisée en sept grandes phases opérationnelles, chacune ayant été validée lors d’une répétition générale au simulateur — sauf la phase 7, “parce qu’on voulait garder un peu de suspense”.
Phase 1 — Préparation et lancement
Le HUB est monté sur son TUG orbital, lui-même fixé au sommet du lanceur LV-2B. Après plusieurs vérifications (et une intervention d’urgence pour retirer une clé à molette oubliée dans le carénage), la fusée est transportée sur le pas de tir.
L’équipe d’ingénierie, menée par Bill, effectue les derniers contrôles des connexions structurelles et des systèmes RCS. Pendant ce temps, Jeb supervise la mise sous tension à distance, en murmurant :
“Si ça explose, c’est que ça marche trop bien.”
À H-0, le décollage est initié. Le LV-2B quitte majestueusement le sol dans un rugissement de flammes et d’enthousiasme.
Phase 2 — Montée vers l’orbite et circularisation
Le premier étage brûle pendant environ 90 secondes avant séparation. Les parachutes de freinage sont déclenchés pour assurer sa récupération future. Le deuxième étage prend le relais et pousse le véhicule jusqu’à l’orbite de transfert, à environ 80 km.
Après un court palier pour stabiliser l’altitude, une dernière poussée circulaire place le TUG et sa charge utile sur une orbite de 100 km. Le HUB est désormais libre de tout frottement atmosphérique et prêt pour la chasse à la station Horizon.
Phase 3 — Phasage et rendez-vous
Grâce à un différentiel de 15° en phase orbitale, le TUG débute une série de manœuvres fines destinées à rattraper la station. Les corrections d’inclinaison et de vitesse sont effectuées via les propulseurs RCS, sous la supervision directe de Mission Control.
Une fois dans le cône de capture (distance < 10 km), le HUB entre en mode automatique. Les ingénieurs au sol activent le système de guidage assisté — surnommé “KerboGrip 1.2” — censé permettre un alignement parfait des axes. Dans la pratique, le système dérive un peu à droite, mais reste sous contrôle.
Phase 4 — Alignement et approche finale
Le HUB ajuste son orientation avec la précision d’un Kerbal essayant d’ouvrir une boîte de conserve avec un tournevis. Le bras du TUG s’étend légèrement pour compenser la distance et stabiliser le module.
À 50 mètres, le contact visuel est confirmé : la station Horizon scintille dans la lumière du soleil, majestueuse, attendant son nouveau module comme une pieuvre tendant un bras supplémentaire.
Le ralentissement se fait en douceur, jusqu’à une vitesse relative de 0,1 m/s.
Phase 5 — Amarrage
Les propulseurs RCS du TUG effectuent les derniers ajustements. Le HUB s’aligne parfaitement avec le port d’amarrage central de la station. Après quelques oscillations (et une légère montée d’adrénaline au contrôle), le contact est confirmé.
Amarrage réussi !
Le verrouillage mécanique s’active, les lumières vertes clignotent, et une salve d’applaudissements résonne dans la salle de contrôle.
Gene, imperturbable, note dans le journal de bord :
“Aucun débris. Aucun cri. Et même pas une tasse de café renversée. C’est un record.”
Phase 6 — Vérifications post-amarrage
Les équipes effectuent des tests de pressurisation et de connectivité électrique. Le HUB répond parfaitement aux signaux. Les ports d’amarrage secondaires sont activés, la distribution d’énergie est équilibrée.
Les systèmes de communication internes sont testés via une courte transmission audio :
“Ici Horizon, tout est branché, rien ne flotte où ça ne devrait pas. Over.”
Phase 7 — Séparation du TUG et désorbitation
Une fois le module solidement fixé, le TUG effectue une manœuvre de séparation douce. Sa mission est terminée : il est reprogrammé pour effectuer une descente contrôlée et brûler dans l’atmosphère.
Le HUB reste fièrement attaché à la station Horizon, apportant stabilité, symétrie et nouvelles possibilités d’expansion. Face à cette beauté le programme interne du TUG, le dénommé HAL-9001 décide de lui même de s’arrimer à la station pour faire partie de cette harmonie.
Fin du rapport officiel - Mission KOL-HOR-06 :
Succès nominal, zéro explosion, moral au maximum.
Petit mot Kerbal
Et comme le résume Bill Kerman : « Si on veut construire une ville dans l’espace, il faut commencer par les fondations. Et dans notre cas, les fondations flottent à 100 km au-dessus du sol. »











