La mission “PoluxSkan” (de son petit nom) a été approuvée après une longue réunion au KSC, qui s’est essentiellement résumée à la phrase “et si on essayait de viser tout Kerbin d’un seul coup ?”. L’objectif : placer un satellite de reconnaissance scientifique en orbite polaire circulaire, à environ 750.48 km d’altitude, afin de cartographier, mesurer, scanner et probablement découvrir à quel point Kerbin est pleine de cratères laissés par les précédentes “expériences d’atterrissage contrôlé”. Le satellite embarque tout ce qu’il faut pour faire de la science sérieuse — un radar altimétrique dernier cri, un scanner multispectral, une antenne de communication robuste, et même une caméra pour que Zeb puisse faire des selfies orbitaux “à usage strictement professionnel”. Le lancement sera assuré par le fidèle LM-6, modifié pour ne pas exploser au sol (statistiquement). Après un décollage vertical, une montée majestueuse et un virage programmé avec la précision d’un lancer de pizza, le vaisseau atteindra une orbite d’attente avant d’effectuer une injection parfaite vers l’axe polaire — du moins, c’est ce qu’affirme Gene, les doigts croisés. Le satellite sera ensuite libéré pour entamer une série de scans globaux : topographie, composition du sol, détection des ressources, et repérage de toutes les fusées abandonnées “temporairement”. Bob est impatient, Kernher est nerveux, et Bill a déjà préparé un plan de récupération au cas où le satellite déciderait que “polaire” veut dire “plonger dans la glace”. Selon le communiqué officiel, cette mission apportera “une couverture complète et un savoir scientifique accru, en prévision de futures missions lointaines”. Selon Zeb, elle apportera surtout “un excellent point de vue pour regarder les couchers de soleil… et les explosions du VAB.” Si tout se passe bien, PoluxSkan deviendra le premier satellite du réseau d’observation permanent de Kerbin, et si ça ne se passe pas bien… eh bien, le KSC a déjà prévu un deuxième exemplaire, “au cas où le premier ferait un trou de plus à scanner”.
Objectif
L’objectif principal de la mission est de déployer un satellite scientifique de cartographie et de communication en orbite polaire autour de Kerbin, à une altitude stable d’environ 750 km. Cette orbite permettra une couverture complète de la planète, pôle à pôle, afin de générer des cartes topographiques, altimétriques et de composition de surface d’une précision jamais atteinte… ou du moins, pas encore explosée.
Le satellite embarque une panoplie d’instruments capables de mesurer à peu près tout ce qui existe sur Kerbin : un radar altimétrique R-3B pour modéliser le relief, un scanner multispectral MS-2A pour analyser la nature des sols, un imageur hyperspectral SCAN-RX pour détecter les ressources exploitables, et une antenne de communication haut débit pour transmettre ces précieuses données (et, selon Jeb, quelques vidéos de ses vols “d’essai”).
Les objectifs secondaires sont, comme toujours, plus “ambitieux” qu’ils n’en ont l’air. D’abord, valider la fiabilité du lanceur moyen LM-6 sur une orbite polaire — ce qui, selon Kernher, “revient à viser une pièce de monnaie avec un feu d’artifice géant”. Ensuite, tester le comportement des antennes de communication dans des zones d’ombre prolongée, car la moitié du temps, le satellite passera au-dessus de régions où il n’y a rien d’autre qu’un océan et le désespoir radio. Enfin, il s’agit d’un test grandeur nature pour les futurs satellites interplanétaires : si ce satellite peut survivre plusieurs mois sans perdre son antenne ni confondre Kerbin avec la Mun, alors le programme Kolaris aura franchi un cap important vers la colonisation scientifique du système tout entier.
Et puis, bien sûr, l’un des buts non-officiels, mais hautement soutenu par Zeb et Bill, est de retrouver toutes les épaves de fusées “accidentellement” retombées dans des coins reculés de Kerbin. “Si on peut les repérer, on pourra peut-être les réparer”, dit Bill. “Ou les revendre”, ajoute Mortimer, les yeux déjà pleins de budget.
En résumé, PolarScan-One est une mission à la fois sérieuse et symbolique : celle où les Kerbaux ont décidé de cartographier leur planète avant de recommencer à la creuser.
La mission repose sur un profil orbital polaire à 90° d’inclinaison, afin d’assurer une couverture globale de Kerbin à chaque passage. À une altitude moyenne de 750 km, l’orbite sera circulaire, stable, et suffisamment haute pour éviter les frottements atmosphériques — mais pas trop haute pour que les ingénieurs puissent encore prétendre “pouvoir la corriger si besoin”. La période orbitale sera d’environ 2 heures, permettant au satellite de survoler la totalité de la surface en une dizaine de révolutions.
Le point de lancement sera orienté plein nord, avec une mise en orbite initiale à 100 km avant transfert vers la trajectoire polaire. La fenêtre de lancement a été soigneusement calculée par Bob et immédiatement révisée par Gene après qu’il s’est rendu compte que “calculer avec la main gauche ne donne pas la même orbite”. La fusée effectuera un pitch program progressif vers 90° (ça fait classe), puis un allumage de transfert lorsque le véhicule passera au-dessus de l’océan pour “minimiser les débris et maximiser le suspense”.
Le satellite est conçu pour maintenir son orientation grâce à trois gyroscopes de précision et un système RCS minimaliste — selon Bill, “aussi stable qu’une tasse de café sur un tremplin”. L’alimentation repose sur quatre panneaux solaires latéraux, orientés automatiquement vers le Soleil, sauf quand Zeb teste le mode manuel.
Côté communication, le satellite utilisera la Communitron 16-S pour le relais court terme et l’antenne radar R-EQ-1 pour la transmission longue portée vers le réseau de communication en construction. Le débit prévu est de 1,2 Mo/s, ce qui est largement suffisant pour envoyer des données scientifiques… ou trois mille photos floues de Zeb en combinaison spatiale.
La marge ΔV totale prévue pour le lancement est de 3 500 m/s : environ 2 400 m/s pour atteindre l’orbite de parking, 800 m/s pour la circularisation et le transfert polaire, et une généreuse réserve de 300 m/s pour les corrections, les imprévus, ou les “manœuvres inspirées”. En cas de panne, le satellite pourra rester fonctionnel en orbite partielle pendant plusieurs semaines, temps suffisant pour que Bill monte une mission de réparation… ou que Gene déclare la mission “expérimentalement réussie”.
Le déroulement de la mission suivra une séquence soigneusement planifiée, validée par Kernher, vérifiée par Bill, et ignorée par Zeb à la minute du lancement.
Tout commence sur le pas de tir 03 du KSC. Le lanceur est dressé fièrement, son satellite lové sous la coiffe comme un œuf de science prêt à éclore. À T-0, les moteurs s’allument dans une symphonie de bruit, de lumière, et d’ondes de choc qui font trembler la cafetière de la salle de contrôle. L’ascension dure environ deux minutes avant la séparation du premier étage — un moment toujours tendu, car il détermine si le vol continue majestueusement vers les étoiles ou finit en “observation sous-marine non prévue”.
Une fois le second étage activé, la fusée ajuste son inclinaison vers l’orbite polaire, puis entame la phase de circularisation à environ 100 km d’altitude. Après quelques orbites d’ajustement et un dernier allumage calculé “au poil de Kerbal”, Le gros bébé est libéré. Le satellite déploie ses panneaux solaires, étend ses antennes, et commence immédiatement à envoyer des signaux. Bob, dans la salle de contrôle, lâche alors la phrase traditionnelle : “Il est vivant !”
Vient ensuite la phase d’étalonnage : le radar altimétrique prend ses premières mesures, le scanner multispectral se met en marche, et le système de transmission envoie les premiers paquets de données au KSC. À ce moment-là, quelqu’un (souvent Zeb) fait toujours la blague : “Et si on lui demandait de chercher des donuts ?”
Les 48 premières heures servent à vérifier la stabilité orbitale et la couverture des pôles. Gene surveille attentivement la télémétrie tandis que Bill, en parallèle, prépare déjà la liste des “petites améliorations à envisager” pour la version suivante — généralement plus explosives. Une fois la mission pleinement opérationnelle, le satellite commence son travail scientifique continu, balayant Kerbin mètre par mètre.
Selon le protocole, le satellite doit rester actif 120 jours avant sa première correction orbitale. Selon la tradition du KSC, il tiendra probablement deux fois plus longtemps, par pure chance. Et si jamais tout fonctionne sans accroc, Gene promet de sourire, une fois. Peut-être.
Petit mot Kerbal
“On voulait juste cartographier Kerbin, mais si on trouve en plus où Jeb a crashé ses trois dernières fusées, ce sera un double succès scientifique !” — Bill Kerman, ingénieur optimiste